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« L’humain est au cœur de la problématique environnementale » Entretien avec Thibaud Griessinger, chercheur en sciences comportementales

Thibaud Griessinger est docteur en sciences cognitives et chercheur indépendant en sciences comportementales appliquées aux questions de transition écologique.

Il a récemment fondé le ACTE Lab un groupe indépendant de recherche et de conseil dont la mission est de mettre les connaissances en sciences cognitives et sociales au service de la transformation des modes de vie et des organisations.

Les Illutopistes : Votre objectif est de faire entrer les sciences du comportement dans les questions de transition écologique ; pourriez-vous expliciter ce qui, selon vous, serait leur valeur ajoutée ?

Thibaud Griessinger : J’aime beaucoup l’idée énoncée par Philippe Bihouix que, face au défi écologique, les solutions doivent être sociotechniques et pas seulement techniques. L’idée que nous puissions par l’innovation technique atténuer suffisamment nos émissions carbone est aujourd’hui de plus en plus difficilement défendable.

Prenez les énergies renouvelables : non seulement l’évolution de leur part dans le mix énergétique mondial reste extrêmement faible alors que la part d’énergie carbonnée n’a pas diminuée et que l’on continue à ouvrir des centrales à charbon – encore récemment en Allemagne. Mais en plus, les matériaux nécessaires à leur production sont détenus par des pays différents de ceux producteurs d’énergie fossile, ce qui rend difficile leur émergence. On ne parlera même pas des technologies de capture du carbone, absolument pas prêtes à être déployées à grande échelle.

Ensuite, l’efficacité des innovations techniques dépend de leur usage. On peut bien fabriquer des moteurs plus économes et émettant moins de CO2, si plus de véhicules circulent avec moins de personnes dedans ou si les achats se déportent sur des gabarits plus importants comme des SUV, tous les bénéfices techniques se voient contrecarrés. On observe même parfois des effets rebonds négatifs où l’efficacité énergétique accélère l’usage jusqu’à en empirer la consommation globale. Un consensus émerge désormais, ce sont nos modes de vie et nos modes d’organisation, en d’autres termes nos comportements individuels et collectifs qu’il nous faut radicalement changer.

De ce point de vue les sciences comportementales, des sciences cognitives à la sociologie, apparaissent essentielles à considérer, au moins au même titre que les sciences politiques et économiques. Prendre en compte ces connaissances pour mieux comprendre ce qui façonne les pratiques pour développer des plans de transport, d’urbanisme ou d’approvisionnement alimentaire me semble crucial. C’est ce que nous poussons en tout cas.

Que l’on parle de modes de consommation, de plans de mobilité ou d’organisation du territoire, l’humain est au cœur de la problématique environnementale. Typiquement, si une mesure politique techniquement viable, comme une taxe, néglige les questions d’adéquation (est-ce le bon outil incitatif ?), d’équité (est-ce une mesure juste ?) et d’acceptabilité (l’objectif visé fait-il consensus ?) qu’elle peut créer, alors il se peut que la simple perception de la mesure soit un frein à son implémentation

Un article de The Conversation met en avant que les changements des comportements et modes de vie sont devenus de « nouveaux champs de solutions pour faire face aux changement climatiques ». Les sciences du comportement permettent de tenir compte des freins au changement de modes de vie mais aussi aux changement de modes d’organisation. Elles permettent de mieux ajuster les plans de transition – afin qu’ils soient plus efficaces, plus justes et plus adaptés aux personnes concernées – et d’accompagner les transitions pour pouvoir non seulement les faciliter mais aussi pour qu’elles soient pérennes et enclenchent des dynamiques vertueuses.

I : Quels seraient les « biais cognitifs » responsables de l’inertie, de la non-action que nous constatons ? Pouvez-vous les catégoriser ?

T. G. : Avant toute chose, je me permets ici une petite précision qui a je crois toute son importance tant on entend de plus en plus parler de ces fameux “biais cognitifs”. À mon sens, il faut bien s’entendre sur cette notion de biais car celle-ci porte en elle l’idée que nous serions dans l’erreur, que nous serions sous-optimaux. Ce concept, déjà critiqué dans le cadre très formel et circonscrit de la théorie du choix rationnel en économie dont il émane, est très délicat à extrapoler car l’optimalité ou la rationalité dépendent du contexte de la prise de décision. Par exemple, dans ce monde urbain dans lequel plus de la moitié de la population mondiale vit, nos besoins essentiels sont pour une grande partie d’entre nous comblés. On parle de jungle urbaine, mais pour beaucoup (pas tous hélas, ce qui est d’ailleurs une aberration vu nos niveaux de richesse sans précédent), la survie n’est plus en jeu comme il y a 300.000 ans lorsque notre espèce s’est différenciée et que nous évoluions en tribus de chasseur cueilleur perdus dans un environnement des plus hostiles. Nos priorités et nos besoins ont radicalement changé et notre psychologie, tantôt adaptée, s’est très récemment retrouvée en décalage face à un mode de vie totalement bouleversé.

« Beaucoup de propriétés de l’esprit humain semblent aujourd’hui “biaisées” mais prennent un tout autre sens lorsque l’on se place dans le cadre plus large de l’évolution de notre espèce. »

Notre tendance à voir les choses de manière plutôt négative peut alors prendre un sens très différent lorsque nous nous représentons ce cadre hostile ou nous évoluions, et où la mauvaise interprétation d’un bruit ou d’une information suffisait à déterminer notre survie. Ce qui peut apparaître désormais comme un biais peut tout à fait avoir été optimal lorsque l’on se place dans ce contexte où sur-interpréter peut nous sauver la vie car il vaut mieux effectivement prévenir plutôt que mourir. Beaucoup de propriétés de l’esprit humain semblent aujourd’hui « biaisées » mais prennent un tout autre sens lorsque l’on se place dans le cadre plus large de l’évolution de notre espèce.

Cette inadéquation entre ce qui nous a peu à peu permis de survivre et de contrôler notre environnement pour répondre à nos besoins, et ce qui détermine nos choix actuellement peut conduire à des écueils que l’on nomme parfois biais cognitifs. Ainsi, nous ne sommes que peu “armés” pour nous représenter des phénomènes aussi complexes que le dérèglement climatique. Seulement, si nous sommes désormais au fait qu’un tel changement est en cours malgré son imperceptibilité (la météo varie naturellement, difficile de trier le bon grain de l’ivraie, encore aujourd’hui), c’est bien parce que nous avons des outils cognitifs tels que la capacité de coopérer, de créer des outils et méthodes scientifiques, et de nous organiser pour faire émerger des superstructures sociales comme les Nations unies, à l’initiative du GIEC.

Une fois que l’on a dit ça, il y a effectivement des propriétés de l’esprit qui peuvent s’avérer délétères dans certains cas (très conscrits). Notre cerveau peut nous jouer des tours [1] dans le sens où, sans que l’on s’en rende compte, il peut produire des illusions ou déclencher des comportements qui dans un certain contexte peuvent se retourner contre nous. Les habitudes en sont un bon exemple. Développer des routines, enclencher des séquences d’actions pré-enregistrées sans s’en rendre compte nous permettent de pouvoir économiser des ressources mentales et d’être multitâche, de faire plusieurs choses à la fois. Or lorsque l’on doit changer nos habitudes rapidement, cela devient difficile car ces automatismes se déclenchent en « arrière-plan » de notre esprit sans effort et, la plupart du temps, nous n’en prenons conscience qu’après coup. Cela prend des ressources de reprendre la main dessus.

Les normes sociales, qu’il s’agisse de nos manières de nous comporter en société – « la bonne conduite » – ou des codes que nous utilisons – des vêtements à la signalétique – remplissent une fonction analogue.  Il s’agit en quelque sorte d’habitudes de groupe qui peuvent s’avérer utile pour la coopération et l’action collective.

I : En quoi la prise en compte de ces propriétés de l’esprit permet-elle de repenser nos modes de vie et de consommation ?

T. G. : Prendre en compte ces biais, ou plutôt ces contraintes cognitives, est crucial lorsque l’on souhaite identifier les freins aux changements de pratiques et plus largement de mode de vie. Comme les obstacles ne sont pas les mêmes en fonction des individus, de leur expérience, de leur cadre de vie, ou encore de leur rôle, des « biais » différents peuvent émerger en fonction des pratiques et des populations visées. Typiquement, tous les fumeurs qui connaissent les risques du tabac ne peuvent pas être logés à la même enseigne : certains continueront de fumer par conformité sociale, d’autres par difficulté à concevoir un danger aussi abstrait qu’un risque lointain de maladie, et d’autres encore par addiction à la nicotine.

« Ces informations renseignent sur la nature des barrières au changement de pratiques pour répondre aux enjeux environnementaux »

De plus, les obstacles au changement varient en fonction des pratiques concernées. Par exemple, les obstacles au changement d’habitudes de transport ne seront pas les mêmes que pour changer des habitudes alimentaires. De même, pour tendre vers un régime non carné, plusieurs obstacles peuvent être considérés et n’appelleront pas les mêmes réponses. On peut par exemple identifier des contraintes culturelles s’il y a une valeur, une émotion forte liée à la consommation traditionnelle de viande ; des obstacles de représentations et d’habitudes, associées à l’éducation et susceptibles d’entretenir de fausses croyances concernant la nécessité de consommer des protéines animales par exemple, ou encore un manque de connaissances et d’aptitude nécessaire à pouvoir cuisiner végétarien.

Mon travail vise à comprendre au mieux la nature de ces contraintes, de ces freins au changement, en croisant des connaissances scientifiques des comportements aussi bien à l’échelle individuelle et collective, des données sur le contexte géographique et sociologique des pratiques étudiées, et des observations de terrain et jugements d’experts. Toutes ces informations renseignent sur la nature des barrières au changement de pratiques pour répondre aux enjeux environnementaux et permettent d’alimenter des stratégies d’atténuation ou d’adaptation

I : Les sciences cognitives, à travers des techniques plus ou moins récentes comme le nudge, ont favorisé la consommation et ont été largement utilisées par le marketing pour « créer le besoin » ou a minima « l’envie ». La notion de « renoncement » est très dure à penser. Est-on capable d’utiliser ces techniques pour repenser nos échelles de valeur, nos priorités ?

T. G. : Le nudge est une stratégie qui consiste à changer l’environnement de choix sans altérer les choix possibles. En modifiant l’ordonnancement des options qui s’offre à lui, il intègre les limites cognitives du consommateur confronté au quotidien à une multitude de choix possibles. Pour faciliter la prise de décision, le nudge s’appuie par exemple sur l’idée que plus une information est simple à comprendre, plus elle est donnée au bon moment et intègre une dimension sociale la rendant d’autant plus pertinente pour l’individu, plus elle est susceptible d’engager un comportement.

D’abord, le nudge est loin d’être la panacée. Disons-le de suite, le nudge est l’une des multiples formes que peut prendre l’incitation à l’action. Il vient compléter la boîte à outil des incitations comportementales à disposition des décideurs publics, où trône déjà la sensibilisation et la pédagogie, les leviers économiques comme le bonus ou la taxe, ou encore le droit. Mais quel que soit le type d’incitation, qu’il s’agisse d’une taxe ou de nudge, ce ne sont finalement que des outils qui peuvent être bien ou mal employés. Ainsi, si on emploie ces moyens sans considérer le contexte dans lesquels on les déploie et les caractéristiques de la problématique à laquelle ils sont sensés répondre, il y a fort à parier qu’ils ne seront pas efficaces. Et d’ailleurs, lorsque l’on fait des méta-analyses pour savoir si le nudge est efficace, on obtient des résultats mitigés pour cette raison. Mais pire qu’être inefficaces, ces interventions peuvent s’avérer même totalement injustes, on l’a vu récemment avec la taxe carbone. Ainsi quel que soit le moyen, mettre en oeuvre des politiques adaptées, justes et efficaces, nécessite de prendre du temps et de mobiliser des expertises permettant de s’affranchir des biais propres aux décideurs pour bien comprendre ce qui façonne les pratiques individuelles et les dynamiques collectives. Cela permet de pouvoir non seulement mieux guider les stratégies d’intervention mais aussi d’imaginer des modes d’action nouveaux, plus transversaux.

Une fois qu’on a dit ça, il est également important de rappeler que le nudge est parfois utilisé sans considérer ce à quoi il est sensé répondre. Le nudge vise à faciliter le passage de l’intention en action (si j’ai l’intention de faire quelque chose mais que je ne le fais pas), or il est parfois mis en oeuvre en l’absence d’intention initiale, sans consentement finalement. Il peut alors être considéré comme non-éthique du fait qu’il repose sur une intention artificielle, c’est-à-dire que si l’individu visé avait eu toutes les connaissances en main, il n’aurait pas fait ce choix. Le marketing finalement répond à ce dilemme car il contribue d’une part à créer des intention[2], à façonner des préférences et générer des besoins de toute pièce, et d’autre part à utiliser des stratégies comme le nudge pour pousser à l’acte de consommation. 

Si le nudge est utilisé dans la conception de politiques publiques, nous devons nous assurer que l’intention est bien partagée par les citoyens. Nous pouvons le faire par des concertations, des questionnaires ou des sondages. Par exemple, sur beaucoup de questions écologiques, il y a une intention primaire, un accord de principe mais il y a un blocage au moment de la mise en action de ces intentions.

I : Nous constatons un certain tournant « émotionnel » dans le registre utilisé par les minorités agissantes. Nous pensons par exemple au discours très chargé émotionnellement de Greta Thunberg à l’ONU en fin d’année 2019. Dans quelle mesure peut-on mobiliser ces leviers de « l’affect » pour pousser à l’action ?

T. G. : Les émotions ne sont pas en opposition avec la cognition. L’étude des émotions est un grand champ de recherche pour comprendre leurs interactions avec les autres procédés cognitifs, et la manière avec laquelle elles peuvent devenir vectrices d’action collective. Les émotions telles que définie en sciences cognitives [3] sont ressenties mais aussi exprimées physiquement de manière universelle. Leur expression n’est pas simplement un ressenti mais aussi un signal envoyé aux autres.

Si nous considérons la peur, cette émotion a pu émerger au cours de l’évolution dans le but de réagir ou de faire réagir très rapidement face à un danger immédiat. Il faut toutefois que l’on puisse agir sur la chose sur laquelle nous communiquons de la peur : faire peur quand il y a un danger visible est utile seulement s’il y a une voie de sortie clairement identifiable.

Si nous communiquons sur la peur du dérèglement climatique, cela est à double tranchant. D’abord parce que la peur comme toute émotion est certes intense et mobilisatrice mais généralement limitée dans le temps. Ensuite, s’il n’y a rien dans l’environnement sur lequel nous pouvons agir immédiatement, un danger à éviter en actionnant un comportement adéquat, alors la peur sera vaine et conduira à une paralysie ou à des actions inadaptées voire contre-productives plutôt qu’à l’émergence de nouveaux modes de vie. Il me semble dangereux de paniquer alors que nous avons justement besoin de mobiliser toutes nos capacités cognitives et notre intelligence collective pour bâtir un monde d’alternatives et de résilience.

C’est là où se niche ce que l’on nomme désormais l’éco-anxiété car il y a une tension forte entre la crainte de l’incertain, la perte de repère, et l’impossibilité d’arriver à trouver des actions et des engagements à la hauteur des problèmes. L’enjeu est alors de proposer des voies de sortie. Les stratégies zero waste sont de très bons exemples car elles apportent des conseils pratiques et reposent sur des communautés qui intègrent un aspect culturel et social puissant.

I : Justement, considérez-vous que les changements à faire en termes de préférences, de hiérarchie de nos valeurs ou d’appel à la sobriété sont une véritable rupture ou qu’ils pourraient s’inscrire dans la continuité de nos actions ?

T. G. : Je pense qu’il y a beaucoup de choses à creuser en termes d’imagination et de conceptualisation de nouveaux récits. Il faut donner les moyens aux citoyens d’être eux-mêmes créateurs d’alternatives concrètes afin de passer de la peur à quelque chose de réellement moteur et transformant. On parle beaucoup d’entreprenariat mais peu entreprennent réellement la construction de réelles alternatives à nos modes de consommation, d’habitat, de mobilité, et de vie en générale. Idem pour le concept de « disruption », ce qui est présenté comme tel est souvent très peu innovant ou révolutionnaire, nous n’avons pas besoin de nouvelles applis mais de nouveaux modes de production alimentaire et de nouvelles propositions urbaines.

« Nous devons créer des imaginaires suffisamment réalistes, c’est-à-dire partant de notre situation actuelle et intégrant les contraintes qui s’appliqueront sur nous »

Il faut créer des imaginaires qui soient à la hauteur et non pas construire des utopies qui nous dédouanent d’agir, ou qui verraient le jour une fois nos sociétés profondément bouleversées par les conséquences du dérèglement climatique (après l’effondrement comme certains l’imaginent). Ces imaginaires doivent être des guides de l’action, qui inspirent l’innovation et qui rendent les initiatives collectives et les alternatives dans leur diversité cohérentes, poussant dans une direction commune, vers un futur souhaitable. La puissance transformatrice ne pourra il me semble émerger que d’une bataille “pour” un nouveau système et non seulement “contre” celui qui nous conduit actuellement à notre perte. De la même manière que l’imaginaire de la science-fiction a porté l’innovation au siècle dernier, il faut désormais penser ce qu’il se passera dans 50 ans, se projeter, utiliser le rêve mais transformer dès à présent le réel.

Pour cela nous devons créer des imaginaires suffisamment réalistes, c’est-à-dire partant de notre situation actuelle et intégrant les contraintes qui s’appliqueront sur nous. Cette imagination est malheureusement aujourd’hui très pauvre ou déconnectée des contraintes futures[4].

I : Quelle serait alors la place du chercheur en sciences comportementales dans cette création d’alternatives ?

T. G. : Nous pouvons agir en faisant office de guide pour prendre en compte le potentiel et les contraintes humaines dans les processus de facilitation comme de planification de la transformation – comme je l’ai déjà évoqué – mais surtout en contribuant à l’action en lançant ou contribuant à des expérimentations sur des alternatives concrètes. En bref, être dans le faire mais en y injectant du recul et de l’analyse.

Nous pouvons aussi enrichir les réflexions et l’état des connaissances existantes pour ouvrir les horizons et libérer les possibles. A titre d’exemple, nous développons actuellement avec le ACTE Lab un projet de recherche sur le lien entre le bien-être et le climat. Alors que nous opposons souvent la fin du mois et la fin du monde, notre proposition est de se demander si repartir de la « fin du mois » peut permettre de trouver des stratégies pour lutter contre la « fin du monde  », en mettant à profit les connaissances scientifiques désormais à notre disposition sur les déterminants du bien-être humain. Le but est de repenser les stratégies de sobriété énergétique et de les rendre non seulement plus acceptables (décroitre sans perdre du confort, revenir aux besoins humains fondamentaux) mais potentiellement même plus attractives, puisque que nos modes de vie actuels ne nous rendent pas plus heureux.

Nous nous rendons compte que si le niveau de revenu ou de PIB ne déterminent pas, à partir d’un certain niveau de richesse et de développement, le bien-être subjectif nous pouvons penser la sobriété sans penser la dégradation du bien-être. Cela permet d’intégrer la composante sociale comme une forme très importante de bien-être auquel la matérialité ne permet pas de répondre.

En considérant que la conservation du bien-être est peut-être l’un des facteurs de préoccupation principal des populations, il s’agit également de comprendre dans quelle mesure la diminution de notre matérialité n’aura pas d’effet subjectif trop néfaste. Nous essayons ainsi par la recherche d’identifier de nouveaux récits et d’alimenter de futures politiques publiques.

 

Entretien réalisé par Maxime Erard et Morgane Gonon


 

[1]Moukheiber A. (2019). Votre cerveaux vous joue des tours, Allary Eds

[2]Keucheyan, R. (2019). Les besoins artificiels, Editions La Découverte.

[3]Joie, tristesse, peur, colère, surprise et dégoût

[4]Hopkins, R. (2019). Et si… ? Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons, Actes sud.

Illustration : « The Houston Penetrable », Jesus Rafael Soto, Museum of Fine Arts, Houston


 
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